la couverture du Culture En Jeu N°63

Le numéro 63 est disponible!

Au sommaire:

  • Édito: Le théorème romand: être sans exister (F. Gonseth)
  • Dossier: Une culture de taille romande?
  • Quand les cantons romands collaborent pour le bien de leur culture (C. Salvadé)
  • Au-delà des territoires (C.Gallaz)
  • La culture romande existe, la FRAS l’a rencontrée (Itw de T. Luisier par C. Jaquiéry)
  • Les salaires de l’art (A. Lanz)
  • L’intégration romande la plus avancée: le cinéma (Itw de G. Ruey par F. Gonseth)
  • Les artistes romands sont-ils perdants? (J. Aguet)
  • Dossier: La Confédération dans la guerre des plateformes
  • La Confédération affronte Netflix & co (F. Gonseth)
  • L’argent de la 5G compensera certains de ses dégâts culturels (Itw de G. Savary par F. Gonseth)
  • Vademecum pour les années à venir (C. Tauxe)
  • Le paradoxe de l’égalité des chances à l’école (C. Jaquiéry)
  • La LoRo soutient… (F. Gonseth)
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La Fête des Vignerons est « extra-ordinaire »!

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Le dernier numéro de CultureEnJeu questionnait le gigantisme de La Fête des Vignerons 2019. Les organisateurs de l’événement y répondent. 

Par Isabelle Falconnier, déléguée éditoriale et médias de la Fête des Vignerons


La Fête des Vignerons de Vevey est un marqueur temporel fantastique. Evénement générationnel (c’est à qui en vivra le plus durant sa vie), c’est avant tout un événement extra-ordinaire, dans tous les sens du terme, qui a l’avantage d’être prévisible puisque la Confrérie des Vignerons communique la décision de la tenue de la Fête presque une décennie en amont – 2011 concernant l’édition 2019. 

Ce qui laisse plusieurs années aux divers publics concernés de se préparer. A tous les points de vue : organisationnel, budgétaire, personnel, médiatique. Sont concernés autant les milliers de potentiels acteurs et actrices-figurant-e-s, qui n’attendent que la Fête pour témoigner de leur attachement à leur région, que les futurs spectateurs, les commerçants, les autorités, les potentiels sponsors ou mécènes. Chacun, à son niveau, selon ses envies et ses moyens, peut se préparer, anticiper, thésauriser, imaginer, proposer. 

Sans ces publics divers, la Fête ne serait rien. Elle est tout parce qu’elle repose sur une mémoire et une transmission générationnelle formidable, et un engagement populaire unique au monde. Et sans une équipe artistique et technique performante, pour créer avec eux, pour eux, un spectacle à la hauteur de l’attente, de la rareté et du rayonnement international de l’événement, la Fête ne se ferait pas. Elle repose donc sur cette double dynamique : un enracinement populaire vital d’un côté, un professionnalisme et une ambition artistique et logistique sans faille de l’autre. Le défi que relève la Fête, édition après édition, est celui de marier un héritage ancestral au monde du spectacle contemporain. 

La Fête des Vignerons n’a jamais été une fête au village qui aurait grandi - en 1955, par exemple, le spectacle misait sur le high tech, grâce à l’éclairage DCA de l’armée qui permettait pour la première fois un spectacle de nuit. Son impact a toujours été supra-régional, national et international. Les standards d’une telle production sont élevés. Le public va au cinéma, au théâtre, au parc d’attraction. 

Un spectacle qui n’a lieu qu’une fois par génération suscite des attentes que la Fête se doit d’honorer sans rien perdre de son âme ni de sa mission patrimoniale. 

En s’alliant à une personnalité artistique comme Daniele Finzi Pasca, à la fois clown, directeur de compagnie et metteur en scène pour le Cirque du soleil ou de grandioses cérémonies olympiques, la Fête s’assure des deux : poésie et technologie, âme et grandeur. 

Si le sujet du spectacle – le travail de la vigne, le lien entre l’homme et la nature - est intemporel, le langage pour le transmettre au public est à inventer à chaque fois. A la musique, aux chorégraphies, aux textes inédits s’ajoutent forcément des techniques de spectacle contemporaines pour parler un langage qui touche le public, comble ses attentes, rend l’événement mémorable à tel point que la nouvelle génération ait à son tour envie de s’en emparer. 

Les conditions particulières de la Fête des Vignerons, telle qu’inscrite au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, élèvent naturellement la facture d’un événement, organisé sans soutien public, en 2019 : une arène spécifique, outil de travail de base du spectacle, montée au coeur de la ville de Vevey ; de la sécurité, de la logistique, des festivités globales qui fassent bon accueil au public nombreux attendu par tous ; le coût de l’espace; le mandat d’une équipe artistique sur plusieurs années, etc. 

À fin avril, plus de 60 % des 400’000 billets disponibles dans toutes les catégories de prix, de 79 à 299 fr, ont été vendus. C’est conforme aux habitudes de consommation culturelle actuelles : nous décidons de nos vacances, de nos sorties, de plus en plus tard. Aux organisateurs d’événements de s’adapter, plus ou moins facilement. La Fête des Vignerons, c’est ainsi un spectacle certes, mais également, durant trois semaines, une Ville en Fête, soit un véritable festival culturel et gourmand, jour et nuit, pour tous les publics, gratuitement. Chaque jour, des cantons suisses viendront à la rencontre du public avec une ambassade culturelle, festive, viticole. De quoi faire de Vevey la capitale estivale de la Suisse – chacun de nous pourra ainsi vivre la Fête des Vignerons à sa manière, se l’approprier, en devenir acteur. 


© Isabelle Falconnier. Reproduction des textes autorisée uniquement avec l’accord de l’éditeur et avec la citation de la source. Les illustrations sont la propriété de leurs auteurs respectifs.


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