la couverture du Culture En Jeu N°60

Le numéro 60 vient de paraître !

Au sommaire :

  • Édito : Descendre dans l'arène (Chantal Tauxe)
  • Dossier : 12 pages sur les Artistes engagés
  • Théâtre, le retour des troupes
  • La guerre des plateformes
  • À Villars-sur-Glâne en attendant Noël
  • Pratique du droit d’auteur
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La culture remonte la pente lausannoise – Taxe sur le divertissement à Lausanne

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Suite de l’article « Qui veut perdre 6 millions ? », CultureEnJeu n°27
Le Lausannois est décidément un être imprévisible. Alors que l’Europe toute entière – ou disons cette portion qui va de Chancy à Morat – prédisait qu’aucun citoyen ne résisterait jamais à la tentation qui lui était offerte de réviser le montant de ses impôts à la baisse, voilà que deux votants sur trois s’obstinent contre la pente naturelle de cette Ville à continuer de payer ce supplément sur le prix de la culture et autres divertissements plus ou moins diurnes. Les acteurs culturels lausannois ne se doutaient pas qu’en brandissant le spectre du resserrement éventuel de leurs moyens, ils parviendraient à faire oublier la petite piqure de 14 % associée à chacune de leurs représentations. Il faut dire qu’ils doivent une fière chandelle à deux de leurs confrères du bout du Lac, venus claironner que le citoyen Lausannois ne serait pas plus bête que le Genevois, qui n’avait pas laissé passer l’occasion de supprimer la taxe. Avec un peu d’esprit de clocher il suffisait dès lors – dans le n° 27, CultureEnJeu y a consacré un grand dossier signé Joël Aguet – de rappeler qu’au bout du Lac, après la suppression de la taxe, les prix n’ont pas baissé et que, tant qu’à faire, autant communaliser cette marge que de l’accorder, par exemple, au monopole privé du cinéma ou des grands concerts.

Certes, il ne s’agissait que d’une fraction infime des ressources financières de la Ville de Lausanne et le chantage à la baisse des subventions culturelles guère plus qu’une effet de manche.

Mais maintenant que cette taxe de 5 ou 6 millions annuels est miraculeusement sauvée, il ne reste plus à la Ville de Lausanne qu’à manifester le même élan de sagesse que ses citoyens, et à restituer la moitié de cette somme – puisque cette moitié provient des consommateurs culturels de la périphérie lausannoise – dans le pot commun du financement de la culture de l’agglomération, bien trop chichement doté pour jouer les catalyseurs. Au lieu de creuser les fossés des remparts entourant la ville en renforçant les moyens de la seule Commune de Lausanne, ce vote serait ainsi l’occasion d’apporter 2 à 3 millions à la réalisation du Grand Lausanne de la Culture.

© Frédéric Gonseth. Reproduction des textes autorisée uniquement avec l’accord de l’éditeur et avec la citation de la source. Les illustrations sont la propriété de leurs auteurs respectifs.


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