la couverture du Culture En Jeu N°60

Le numéro 60 vient de paraître !

Au sommaire :

  • Édito : Descendre dans l'arène (Chantal Tauxe)
  • Dossier : 12 pages sur les Artistes engagés
  • Théâtre, le retour des troupes
  • La guerre des plateformes
  • À Villars-sur-Glâne en attendant Noël
  • Pratique du droit d’auteur
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Édito n°34, juin 2012 - Artistes sans ministère !

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À l’occasion de sa dernière Assemblée Générale à Lausanne, CultureEnJeu a invité les président, vice-présidente et directeur de Pro Helvetia, respectivement M. Mario Annoni, Mme Anne-Catherine Sutermeister et M. Pius Knüsel, à débattre sur les choix prioritaires à effectuer dans une démarche d’encouragement à la diffusion de la culture.



La présentation et le débat furent à la fois instructifs et décevants…
Il était utile de rappeler que Pro Helvetia fut créé en 1939 comme un groupe de travail chargé de lutter contre les propagandes fascistes venant du Nord et du Sud de nos frontières et de renforcer cette multi­culture typiquement helvétique à la fois si fragile et combien puissante.

Il était curieux de constater que cette fondation est une institution quelque peu paradoxale puisqu’elle présente et subventionne parfois des artistes (Thomas Hirschhorn, Christoph Büchel…) critiques envers les valeurs officielles de la Confédération qui à travers l’Office fédéral de la Culture est l’unique bailleur de fonds de Pro Helvetia.

Il était intéressant de se remémorer les reproches récurrents venant des milieux culturels depuis des décennies à l’égard de Pro Helvetia. Ses choix arbitraires dans les années 60, son grand intérêt pour l’Avant-garde dans les années 70, son fort soutien à l’innovation culturelle et à la création contemporaine dans les années 80…
 
On a trop souvent parlé des limites des actions de la Fondation et peu de son soutien aux artistes aussi bien dans leurs activités en Suisse qu’à l’étranger. Mais peut-être ces reproches sont-ils inhérents à sa fonction ?

Avec ses 34 millions de francs (ce qui est à la fois beaucoup et peu dans ce pays aux quatre langues et aux nombreuses traditions culturelles), Pro Helvetia ne peut servir tout le monde. Elle doit régulièrement faire des choix nouveaux qui abandonnent des options autrefois défendues et donc exclure inévitablement d’autres événements ou créations.

Sa nouvelle structure, aujourd’hui plus légère et plus fonctionnelle que la précédente, bien que très présente sur le terrain par ses experts, ne peut toutefois couvrir des domaines qui ne relèvent pas de  son cahier des charges. C’est à la Confédération ou aux Cantons de plancher sur le problème de la reconnaissance du statut de l’artiste dans notre société ou celui de son assistance sociale.

Pour rester en argument, Marco Polli présente La Loi fédérale sur l’encouragement de la Culture (LEC) tout en comparant l’intention aux faits. Quant à l’exposé des motifs du Projet de loi sur la culture en consultation à Genève, selon Esope, il se presse d’en rire, de peur d’en pleurer demain. Joël Aguet pour sa part disserte sur la difficulté de vouloir quantifier l’impact de l’art sur la communauté tout en ruminant contre les manques de soutien des institutions publiques au théâtre.

Actuellement, Pro Helvetia s’est fixé quatre nouveaux objectifs pour les prochaines saisons :

  • les échanges culturels au sein du pays ;
  • l’encouragement à la création artistique ;
  • l’encouragement à la médiation culturelle ;
  • la promotion de la relève.

Bien sûr, inévitablement, même avec ce nouveau programme, il y a et il y aura toujours des laissés-pour-compte ! Mais peut-on reprocher à Pro Helvetia d’être à l’écoute du monde culturel sans arriver à couvrir tous les besoins et toutes les espérances des artistes d’un pays qui n’a pas de Ministère de la Culture ?

© Gérald Morin. Reproduction des textes autorisée uniquement avec l’accord de l’éditeur et avec la citation de la source. Les illustrations sont la propriété de leurs auteurs respectifs.


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