la couverture du Culture En Jeu N°60

Le numéro 60 vient de paraître !

Au sommaire :

  • Édito : Descendre dans l'arène (Chantal Tauxe)
  • Dossier : 12 pages sur les Artistes engagés
  • Théâtre, le retour des troupes
  • La guerre des plateformes
  • À Villars-sur-Glâne en attendant Noël
  • Pratique du droit d’auteur
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Peu après Zurich et juste avant Bâle pour la danse classique, Genève a mis en place en septembre 2011 une formation en danse contemporaine. Et contrairement aux habitudes, les choses vont vite. En préfiguration à partir de 2010, le projet s’est concrétisé l’année suivante et depuis la rentrée 2012, Marianne Filloux-Vigreux, danseuse et docteur en Histoire (Paris I), est la doyenne de cette nouvelle filière. Elle a bien voulu nous recevoir pour éclairer les lecteurs de CultureEnJeu sur l’organisation et les enjeux de cette nouvelle « section Arts Vivants ».


Voulu par l’état de Genève, ce cursus « officiel » à l’apprentissage du métier de danseur et de danseuse est une formation initiale à temps plein : « l’apprenti danseur » n’est pas inséré dans une compagnie de danse, mais suit le programme du Centre de formation professionnelle Arts Appliqués (CFP AA) qui décerne des certificats reconnus sur le plan fédéral. Ce centre proposait déjà une ­demi-douzaine de formations artistiques (bijouterie, céramique, multimédia, graphisme, dessin d’architecture d’intérieur, création de vêtements), auxquelles la danse, orientation contemporaine, est donc venue s’ajouter. À l’issue des trois années que dure la formation, à raison d’une quarantaine d’heures de cours par semaine, puis de l’examen terminal, les apprentis danseurs obtiendront à la fois un CFC (certificat fédéral de capacité) et une maturité professionnelle artistique, ceci pour autant que suffisent leurs moyennes cumulées en contrôle continu et leurs notes à l’examen terminal (aussi bien pratique que théorique).

L’enseignement comprend une dizaine d’heures de culture générale, au niveau requis pour obtenir une matu professionnelle. Tout le reste du programme concerne la danse.

Le programme comprend une dizaine d’heures d’enseignements de culture générale, avec l’exercice de plusieurs langues, préparant les élèves au niveau requis pour obtenir une « matu professionnelle ». Les autres cours, physiques, pratiques, musicaux, concernent la danse avec quelques heures d’histoire et de culture chorégraphique, ainsi que l’approche d’arts apparentés, et j’en passe. À côté des cours hebdomadaires donnés par les enseignants du CFPAA, des artistes sont invités à donner des stages (Guilherme Botelho et Foofwa d’Imobilité l’an passé).
Obtenir la certification fédérale est une préoccupation majeure de la doyenne : « Une ordonnance cadre le contenu de l’enseignement et les compétences à acquérir. Une commission de l’OFPC (Office fédéral pour l’Orientation et la Formation Professionnelle et Continue), en collaboration avec Danse Suisse, viendra juger du travail spécifique sur la danse accompli par notre équipe pédagogique. »

À la fin de la prochaine année scolaire, en été 2014, lorsque les quatorze élèves de la première volée auront achevé le cursus genevois, réussi et obtenu CFC et « matu pro », chacun pourra être engagé par une compagnie ou tenter de se perfectionner dans une autre école… Pourquoi pas à la Manufacture de Lausanne ? Il avait été annoncé en 2010 que cette Haute école spécialisée (HES) – à laquelle les cantons romands ont remis la charge de former les comédiens – ouvrirait aussi dès l’automne 2013 une formation de trois ans menant à un bachelor en danse. Même si elle reste prudente sur l’avenir, Mme Filloux-Vigreux signale que cette filière sera la première formation supérieure pour la danse en Suisse. Or, dans le cadre des exigences à l’examen pour rejoindre la HES et obtenir un bachelor, les élèves qui sortiront de la section danse du CFP AA avec leur deux diplômes fédéraux seraient particulièrement bien préparés. In fine, ces nouvelles certifications ouvrent aussi à une plus large reconnaissance, au-delà de la seule personne de l’artiste, de l’ensemble de la profession.

Une reconfiguration de l’ensemble du secteur semble donc en marche sans pour autant dévaloriser les formations existantes. Le Marchepied à Lausanne et l’École de Danse de Genève, fondée par Balanchine en 1969, dirigée durant 30 ans par Beatriz Consuelo et qui a formé plusieurs générations de danseurs à la carrière internationale, d’abord apparus dans les réalisations du Ballet Junior, continuent leurs actions qui sont complémentaires et peuvent être pour les élèves de la section danse du CFP AA un lieu où se perfectionner.

Pour Marianne Filloux-Vigreux, il est toujours important de diversifier les pratiques dans son art : plus les élèves peuvent continuer à se former, mieux ils seront armés pour la suite. Après, chacun fera son chemin.

© Joël Aguet. Reproduction des textes autorisée uniquement avec l’accord de l’éditeur et avec la citation de la source. Les illustrations sont la propriété de leurs auteurs respectifs.


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