la couverture du Culture En Jeu N°60

Le numéro 60 vient de paraître !

Au sommaire :

  • Édito : Descendre dans l'arène (Chantal Tauxe)
  • Dossier : 12 pages sur les Artistes engagés
  • Théâtre, le retour des troupes
  • La guerre des plateformes
  • À Villars-sur-Glâne en attendant Noël
  • Pratique du droit d’auteur
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L’indispensable mécène

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2012 a été une année historique pour la Loterie Romande, avec la très large acceptation, le 11 mars, du nouvel article constitutionnel sur les jeux d’argent qui permet de pérenniser la distribution des bénéfices des loteries aux œuvres caritatives, culturelles et sportives. Acquis par les urnes, ce succès a, comme un formidable clin d’œil, coïncidé avec le 75e anniversaire de l’institution, qui, depuis 1937, remplit une mission d’utilité publique sur les bases d’un modèle unique au monde. Petit rappel des règles de distribution.

Ce soir la magie des sons, demain le dépaysement créé par une pièce de théâtre, parallèlement une solution pour permettre la poursuite d’un programme de recherche médicale, apporter une aide aux personnes âgées ou contribuer à la survie d’un musée… Les exemples de réalisations qui n’auraient jamais vu le jour sans le soutien de la Loterie Romande abondent évidemment. Depuis sa création, celle-ci distribue l’intégralité de ses bénéfices à des milliers d’associations sans but lucratif. Elle est ainsi le plus grand mécène de Suisse romande, comme on a pris l’habitude de l’appeler. Parmi les secteurs bénéficiant de cette manne financière – plus de 205 millions de francs au terme de l’exercice 2011 –, la culture obtient la part la plus importante en recevant chaque année plus de 55 millions de francs. La Loterie Romande occupe ainsi un rôle prépondérant dans la création et la diversité culturelle. Dans les coulisses de ce rôle de mécène figurent des règles et des principes bien établis.

Des organes indépendants

Indépendants de l’exploitation, les six « organes de répartition » – il y en a un pour chaque canton romand – sont chargés de distribuer les bénéfices aux projets d’utilité publique. Eux seuls sélectionnent, selon des critères transparents et définis par des conditions-cadre, les associations ou institutions qu’ils entendent soutenir. La part confiée à chacun des organes est calculée en fonction de la population du canton et du revenu brut des jeux qui y est réalisé. Dans l’ensemble, ces organes reversent chaque jour plus de 500’000 francs en Suisse romande, en faveur de l’action sociale, la culture, l’éducation, la santé, la recherche ou l’environnement. L’augmentation ces dernières années des demandes adressées aux organes de répartition témoigne d’un réel besoin de la part des associations actives dans nos régions. Elle confirme en même temps le rôle primordial de la Loterie Romande dans l’existence de nombreuses institutions à vocation culturelle ou caritative. Son soutien est devenu d’autant plus précieux que les financements provenant d’entreprises privées, voire des pouvoirs publics, ont été généralement revus à la baisse dernièrement, en raison de la morosité économique.
Son soutien est devenu d’autant plus précieux que les financements privés et publics ont été généralement revus à la baisse en raison de la morosité économique.

En attendant les chiffres de l’exercice 2012…

Les résultats de la Loterie Romande pour l’année 2012 ne sont pas encore connus ; ils seront annoncés en mai prochain. Selon des premières indications parues dans la presse, le bénéfice devrait toutefois rester stable, en dépit de la popularisation des casinos et de l’activité des sites illégaux sur Internet, basés à l’étranger. En 2011, le bénéfice de la Loterie Romande s’était élevé à plus de 205 millions de francs, montant qui a été distribué l’an dernier à près de 3’000 associations par les organes de répartition [1]. La Fondation d’aide sociale et culturelle du Canton de Vaud, soit l’organe de répartition vaudois, a déjà communiqué quelques chiffres : pour la période allant d’avril 2012 à septembre 2012, soit en six mois, elle a octroyé près de 19 millions de francs à 336 institutions vaudoises d’utilité publique. Alors que 34 % de cette somme ont été attribués en faveur de l’action sociale et 17 % en faveur de la promotion, du tourisme et de l’environnement, la culture, elle, en a reçu le 49 %. Tout en illustrant la diversité des projets soutenus, cet exemple – aisément transposable aux autres cantons romands – montre que la Loterie Romande reste un partenaire indispensable pour les acteurs culturels comme pour l’ensemble des milieux associatifs.

Gageons que cette année, une fois encore, les grands gagnants de la loterie seront les projets d’entraide et la création artistique !


[1] Il y a un décalage entre les périodes comptables de la Loterie Romande et des organes de répartition, car le bénéfice d’une année civile de la Loterie Romande est distribué l’année suivante, du 1er juillet de l’année en cours au 30 juin de l’année suivante. Voir www.entraide.ch


© Dario Gerardi. Reproduction des textes autorisée uniquement avec l’accord de l’éditeur et avec la citation de la source. Les illustrations sont la propriété de leurs auteurs respectifs.


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