la couverture du Culture En Jeu N°60

Le numéro 60 vient de paraître !

Au sommaire :

  • Édito : Descendre dans l'arène (Chantal Tauxe)
  • Dossier : 12 pages sur les Artistes engagés
  • Théâtre, le retour des troupes
  • La guerre des plateformes
  • À Villars-sur-Glâne en attendant Noël
  • Pratique du droit d’auteur
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Qui veut la mort des loteries ?

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Une partie des grands commis de la Confédération, qui cherche à :

  • détruire une source d’autonomie des cantons ;
  • détruire surtout une force régionale romande qui montre un très « mauvais exemple » de coalition et qui est un des rares moyens de cohésion de la minorité francophone ;
  • résoudre les problèmes de financement de l’AVS en s’appropriant des prérogatives actuellement cantonales, en lésant une « nébuleuse » d’associations diverses sans envergure nationale.

Une majorité des dirigeants de l’économie privée, qui veut :

  • détruire un modèle économique qui est un « mauvais exemple » pour tout le reste de l’économie : une entreprise efficace, florissante, qui distribue d’énormes bénéfi­ces non à ses managers, non à ses actionnaires mais… à l’utilité publique.

Toutes les multinationales des casinos implantées en Suisse depuis 2002, qui rêvent de :

  • détruire un concurrent des casinos pour élargir leur marché ;
  • réduire autant que possible le contre-exemple des loteries d’utilité publique sachant que la loi fédérale, généreuse à l’égard des casinos puisqu’elle ne les taxe qu’à 40% en faveur de l’AVS, pourrait légalement les taxer jusqu’à 80%.
Les partisans des privatisations souhaitent éradiquer une idée de solidarité qui va à l’encontre de leur individualisme forcené

Les partisans des privatisations :

  • discréditer cette forme d’impôt volontaire que sont les loteries d’utilité publique est une impérieuse nécessité pour les « libéralisateurs à tous crins ». En effet, ils n’ont de cesse de démanteler les prestations de l’État, d’abaisser les protections sociales, en agitant le mirage d’une culture financée uniquement par le marché et les mécènes privés ;
  • éradiquer une idée de solidarité qui va à l’encontre de l’individualisme forcené qu’ils prônent : peu de gagnants, beaucoup de perdants, mais les perdants retrouvent une seconde chance d’être gagnants par les prestations versées à la collectivité. Ce n’est pas pour rien que la Loterie Romande est née en 1937, comme réponse à la crise des années 1930.
Les casinos veulent détruire un concurrent des casinos pour élargir leur marché

Les idéologues moralisateurs :

  • les jeux font bisquer sincèrement pas mal de non-joueurs, on peut le comprendre, mais ils n’ont pas autant de raisons que les non-fumeurs de mener une bataille idéologique agressive contre les fumeurs, car le phénomène du « jeu passif » ne touche que les familles de joueurs compulsifs, qui sont évalués dans les cas des loteries aux alentours de un ou deux pourcents. Il n’y a donc pas beaucoup de place pour briller au-devant de la scène dans la bataille anti-loteries.
Mais un tout petit nombre de gens ne crachent pas sur l’occasion que leur offrent, discrètement mais très efficacement, les huit tendances précédentes. Ils recherchent des personnalités dont la popularité est redoutée pour se lancer à leur place à l’assaut contre des loteries.
Ce sont donc les moralisateurs qu’on envoie en première ligne. En Suisse romande, Jacques Neirynck candidat au rôle médiatique de « M. Jeu Propre », assume ce rôle.

© Frédéric Gonseth. Reproduction des textes autorisée uniquement avec l’accord de l’éditeur et avec la citation de la source. Les illustrations sont la propriété de leurs auteurs respectifs.


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