la couverture du Culture En Jeu N°60

Le numéro 60 vient de paraître !

Au sommaire :

  • Édito : Descendre dans l'arène (Chantal Tauxe)
  • Dossier : 12 pages sur les Artistes engagés
  • Théâtre, le retour des troupes
  • La guerre des plateformes
  • À Villars-sur-Glâne en attendant Noël
  • Pratique du droit d’auteur
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Portraits express

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Christine Sefolosha, peintre

« Quand je prends mes pinceaux, je suis toujours intègre, je peins ce que je sens, et non pas en fonction d’une attente, commerciale, ou esthétique par exemple. Mais ça a un prix ! Les déserts qu’on traverse… qui sont eux aussi formateurs d’ailleurs. Être peintre, ce n’est pas un métier.
« Être peintre, c’est un état, une fracture »
C’est un état. Une fracture. Difficile à concilier avec une notion de travail, puisque c’est plutôt un état de recherche, un questionnement, qui nécessite un recueillement, une non-agitation, afin de voir et surtout de donner un sens à ce que l’on porte en soi. Ce n’est pas un choix, c’est une douleur, celle d’avoir conscience de ne pas arriver à adhérer, de se sentir différent, donc l’obligation de fonctionner avec l’aléatoire, plutôt que sur l’acquis. » (nd)


Marcel Imsand, photographe

« Être artiste… Je ne me suis jamais senti artiste. La création, c’est avoir une grande capacité de travail, qui fait qu’après il peut en rester quelque chose. L’art et l’argent… c’est une bonne question, pour les gens de métiers indépendants.
« Travailler, et voir ce qu’il en reste »
Il est important de payer chaque mois ses factures avec ce qu’on gagne. Il faut pouvoir gagner de l’argent pour créer, pour avoir le temps de le faire. » (mji)


Laurent Possa, plasticien

« Être artiste, c’est être un médiateur entre le ciel et la terre, le haut et le bas. Je suis artiste par vocation, par nécessité intérieure. J’ai besoin du canal artistique pour appréhender et comprendre le monde. Créer, c’est transformer la matière pour tenter d’exprimer l’inexprimable, de transmettre avec les moyens actuellement à notre disposition.
« Créer, c’est résister à la matérialisation du monde »
La pratique de l’art peut être vue comme un acte de résistance contre la matérialisation des consciences et du monde. L’argent est une forme d’énergie qui permet d’alimenter le travail artistique. Seuls 2% des artistes vivent de leur art. Je m’en sors en utilisant les matériaux de récupération. Bon nombre de projets qui me sont chers ne se réaliseront jamais, faute de moyens. » (sd)


Mario Masini, plasticien

« Être artiste, c’est un état d’esprit et un filtre pour une lecture personnelle et originale du quotidien. Dans le monde d’où je viens, la parole n’est pas donnée, mais à prendre. M’être accordé la possibilité de créer est déjà un miracle en soi.
« De la cendre à la flamme, mon travail est comme un feu de bois »
J’ai besoin constamment d’être dans mon atelier. Je vois mon travail comme un feu de bois, de la braise à la cendre en passant par la flamme. Comme le phénix qui renaît sans cesse. L’argent ne m’intéresse que parce qu’il me permet de durer. » (sd)


Marie-José Imsand, plasticienne

« On est tous artistes et ceux qui pratiquent sont des privilégiés. Être artiste, c’est une grande liberté pour être soi, et aussi pour s’oublier et atteindre le vrai. Quand je peins, je respire. L’art, c’est une rencontre avec les autres. J’ai toujours eu un trop-plein d’émotion et de pensée. Il a fallu que je dessine pour pouvoir l’exprimer. Créer, c’est un désir de partager.
« Être artiste, c’est la liberté d’être soi »
Dans l’art actuel, je vois un matérialisme muet que je n’aime pas. Mais dans le même temps, il me donne une énergie énorme pour travailler. Quant à l’argent, je dirais que c’est aussi du papier. L’artiste est tenu de vivre dans la simplicité pour garder sa liberté. » (sd)


Yves Dana, sculpteur

« Vivre le monde dans tout son mystère »
« La création… c’est le désir et l’obligation d’aller au bout, de rien, de tout, d’un autre chemin, ou d’un sourire, pour vivre le monde dans toute sa profondeur, son mystère, sa profusion, sa joie. » (mji)


Laurent Desarzens, plasticien

« On attend de l’artiste qu’il soit aussi un gestionnaire et un organisateur pour défendre sa production. Le temps de l’artiste rêveur et ‹ pseudo-asocial ›, adulé et coaché par tout un entourage d’admirateurs, est probablement terminé. Être artiste aujourd’hui, c’est aussi savoir démarcher, gérer un budget, s’occuper de sa propre pub, entretenir son carnet d’adresses, etc.
« La bulle de tous mes rêves, c’est mon atelier »
Mais ici s’arrête la part de lucidité. La bulle de tous mes rêves, c’est mon atelier. La pratique de l’art, c’est se permettre de voir loin avant et loin après. De voir ce que l’on veut comme on l’entend. Certains appellent ça la liberté. Un artiste contemporain doit savoir résister, défendre son point de vue coûte que coûte. » (sd)

© Rédaction de CultureEnJeu. Reproduction des textes autorisée uniquement avec l’accord de l’éditeur et avec la citation de la source. Les illustrations sont la propriété de leurs auteurs respectifs.


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