la couverture du Culture En Jeu N°60

Le numéro 60 vient de paraître !

Au sommaire :

  • Édito : Descendre dans l'arène (Chantal Tauxe)
  • Dossier : 12 pages sur les Artistes engagés
  • Théâtre, le retour des troupes
  • La guerre des plateformes
  • À Villars-sur-Glâne en attendant Noël
  • Pratique du droit d’auteur
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Succès florissant du théâtre amateur

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Largement implanté en Suisse romande, le théâtre amateur donne la mesure de l’engouement populaire pour cet art. La réussite du « théâtre du peuple par le peuple » repose aussi sur un certain conformisme.

Antidote à la consommation passive, le théâtre amateur est une manifestation d’art populaire majeure. Ni le cinéma ni la télévision ne l’ont entamé. Bien au contraire : depuis l’après-guerre, il connaît une expansion continue, qui s’accélère dans les années 1970. En Suisse romande, la Fédération suisse des sociétés théâtrales d’amateurs passe ainsi de quelque 60 troupes à 170 en près de trente ans. A l’échelle du pays, on en dénombre entre 900 et 1000 affiliées à quatre fédérations – une par région linguistique. Contrairement au théâtre professionnel, essentiellement urbain, le versant amateur est une activité décentralisée de troupes permanentes. Proche des gens, ancré dans le tissu social local, on ne l’appelle pas par hasard Volkstheater (théâtre du peuple) en allemand. Cette émanation de la démocratie suisse marie à 2700 ans de tradition les libertés civiles obtenues à la fin du XIXe siècle.

Pas de vagues

La proximité entre l’acteur et son public n’est pas sans contrepartie. Le public, généralement des proches – on parle de public « captif » – ne peut être heurté par des originalités instillant la discorde. L’audace dans la créativité, tant sur le fond que sur la forme, semble exiger l’anonymat des publics urbains. Par pente naturelle, le théâtre amateur est donc conformiste.

Les amateurs feraient-ils concurrence aux professionnels ? Certainement pas. Même si certains se prennent à rêver du grand saut, ils ne jouent pas dans la même catégorie. Au sortir de l’adolescence, le professionnel a fait un choix de vie, il en accepte les vicissitudes et la précarité. L’amateur assouvit sa passion en second. Son risque se limite à des blessures d’amour-propre.

Professionnels à la rescousse

Grâce au bénévolat de ses acteurs, le théâtre amateur est peu gourmand et s’autofinance largement par les cotisations de ses membres, les nombreux coups de main désintéressés pour la confection des décors, l’assistance technique, etc. Il obtient ça et là des aides non négligeables : l’accueil gracieux d’une salle de répétition ou de spectacle, une subvention communale, parfois plus. La Loterie Romande attribue également des aides ponctuelles, qui n’ont cependant aucune commune mesure avec celles des scènes professionnelles. Ainsi, un nombre croissant de troupes d’amateurs peut par exemple rétribuer un metteur en scène chevronné – juste retour des choses !

© Marco Polli. Reproduction des textes autorisée uniquement avec l’accord de l’éditeur et avec la citation de la source. Les illustrations sont la propriété de leurs auteurs respectifs.


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