la couverture du Culture En Jeu N°60

Le numéro 60 vient de paraître !

Au sommaire :

  • Édito : Descendre dans l'arène (Chantal Tauxe)
  • Dossier : 12 pages sur les Artistes engagés
  • Théâtre, le retour des troupes
  • La guerre des plateformes
  • À Villars-sur-Glâne en attendant Noël
  • Pratique du droit d’auteur
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Conversation avec Stefano Stoll, délégué à la culture & créateur de pictobello : Vevey ville d’images

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La rencontre a lieu au Café du Simplon, à quelques pas de la gare de Lausanne. Malgré la fraîcheur de la température et les travaux bruyants d’un chantier voisin, la terrasse est déjà pleine. À l’intérieur on y parle espagnol, italien, albanais, suisse-allemand, voire même français… C’est là que, presque chaque matin, Stefano Stoll, vient prendre son renversé avant de monter dans le train qui l’emmène à Vevey dont il est le délégué culturel depuis dix ans, assurant également la direction artistique du Festival Images – qui aura lieu cette année du 13 septembre au 25 octobre – ainsi que celle des expositions photo de l’espace Quai N°1.


Dès le début de la discussion, ce passionné de culture, diplômé d’une licence de Lettres en histoire de l’art et en économie, tient à préciser qu’il existait déjà, avant son arrivée dans cette ville de la riviera lémanique, « une forte volonté politique et administrative de se positionner dans un domaine particulier, celui de l’image, et de rendre ainsi plus attractive et visible la cité par un label Vevey ville d’images. Ce n’était pas anodin, car au début des années 90, la notion de marketing urbain n’existait pas encore vraiment en Suisse ; c’est en cela que Vevey était vraiment pionnière. En effet, à l’époque, on utilisait avant tout les armoiries officielles de la ville pour manifester son originalité. Vevey avait été jusque là une ville industrielle avec ses Ateliers de Constructions Mécaniques qui occupaient plus de 20’000 m2 derrière la gare et avec la présence de la maison mère de Nestlé. À la suite de la faillite des ateliers mécaniques, Vevey, traumatisée, a dû trouver une autre forme de visibilité. Elle a choisi Vevey Ville d’images car Charlie Chaplin a vécu trente ans dans la région ; une des plus anciennes écoles de la photo d’Europe ainsi que le Musée suisse de l’appareil photographique y exercent leurs activités, sans oublier Nestlé qui a permis l’installation dans la contrée d’imprimerie et d’éditeurs dont Castagniééé, auteur d’ouvrages d’art, de BD et de littérature. Rappelons également le Musée Jenisch, centre national du dessin, qui a fait entrer la BD dans ses murs. »

« Tous ces métiers se réunissent autour d’un dénominateur commun qui est le domaine de l’image, domaine choisi et devenu la marque Vevey, au même titre que Lausanne se présente comme ville olympique. »

Quand il arrive à Vevey en 2004, Stefano se met tout de suite à l’ouvrage en essayant, avec les autorités municipales, d’y attirer les activités du Festival de la BD de Sierre qui vient de fermer ses portes. Yverdon et  Lausanne sont également en lisse pour ce projet. Lausanne l’emporte à l’arraché.

Mais Stoll ne va pas abandonner le concept  qu’il avait élaboré pour reprendre le Festival de Sierre. Il va continuer à développer Vevey ville d’images en créant PictoBello, une bande dessinée géante qui va occuper toute la ville pendant trois semaines. Il ne va garder que le volet artistique de son projet de festival en oubliant tout le côté marketing de Sierre, inévitable pour un grand festival. Chaque année, un thème différent est proposé aux dessinateurs qui peuvent le traiter comme bon leur semble, en un seul dessin ou en cases diverses, en noir et blanc ou en couleur. On leur fournit des couleurs spéciales qui vont résister à la pluie. Ils ont 8 heures pour réaliser en plein air leurs œuvres sur de grands panneaux, larges de 2m70 sur 1m30 de haut.

« La volonté de PictoBello est de mélanger l’acte de dessiner et l’acte de regarder. Ce qui compte, c’est de sortir les dessinateurs de leurs studios, les faire rencontrer leur public. PictoBello, veut dire “c’est chouette de dessiner”. Tout est gratuit. Une journée de rencontre avec les auteurs, trois semaines d’exposition. Puis tout disparaît. Les dessins seront détruits, non vendus, pas des objets pour le marché, mais des traits, des couleurs et des histoires pour le plaisir de dessiner, de montrer, de rencontrer. Il ne restera qu’une publication numérotée pour le souvenir. C’est un moment magique pour la population et pour les dessinateurs. Un moment à garder en mémoire. »

Cette année PictoBello fête ses dix ans. Les dessinateurs seront derrière leurs feutres et leurs pinceaux le samedi 21 juin 2014 de 10h à 18h. L’exposition durera jusqu’au samedi 12 juillet. Les amateurs de BD y retrouveront Albertine en invitée d’honneur, mais aussi Sylvain Amacher, Pierre Andrey, Joël Boucheteil, Estelle Bourdet, Patrice Cablat, Daniel Ceni, Annaëlle Clot, Simon Desarzens, Julien Dinkel, Pierre Dubois, Stephan Gaudin, Jon, Krum, Mara, Tim Messeiller, Nigoull, Maëlle Schaller, Vincent Vanoli, Johan Walder. Tant de plaisir pour les yeux dans cette Vevey ville d’images.

Programmation et informations : www.pictobello.ch

© Gérald Morin. Reproduction des textes autorisée uniquement avec l’accord de l’éditeur et avec la citation de la source. Les illustrations sont la propriété de leurs auteurs respectifs.


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