la couverture du Culture En Jeu N°60

Le numéro 60 vient de paraître !

Au sommaire :

  • Édito : Descendre dans l'arène (Chantal Tauxe)
  • Dossier : 12 pages sur les Artistes engagés
  • Théâtre, le retour des troupes
  • La guerre des plateformes
  • À Villars-sur-Glâne en attendant Noël
  • Pratique du droit d’auteur
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Igor Ustinov, de l’art et de l’esprit

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Sculpteur et scientifique, humaniste avant tout, l’artiste d’origine russe et britannique s’engage contre les préjugés. Indépendant depuis près de quarante ans, il aimerait aujourd’hui qu’une galerie prenne en charge la diffusion de ses œuvres.

« La difficulté de la diffusion n’est pas liée aux collectionneurs, mais à comment le
milieu de l’art me perçoit aujourd’hui. » A 62 ans, Igor Ustinov reste un esprit original faisant feu de tout bois. Inventeur d’un concept architectural permettant de recycler le pet pour en faire des maisons, cofondateur de l’Institut Ustinov à Vienne et de la fondation Sir Peter Ustinov à Francfort et initiateur d’une association contre les préjugés, il est curieux de tout, contournant le politiquement correct et la pensée unique. Luttant contre toute forme de discrimination, il milite pour l’ouverture et le respect mutuel.

« J’ai une idée toutes les cinq minutes », confesse-t-il malicieux. Installé à Rue dans le canton de Fribourg, son atelier regorge de bronzes de toutes les tailles. Souvent en voyage, Igor Ustinov profite de chaque retour en Suisse pour malaxer et sculpter la cire avant de couler ses pièces en bronze. « Je ne suis pas moi-même collectionneur car la majorité de mes ressources va dans la fonte pour réaliser mes propres œuvres.»

Pour Igor Ustinov être sculpteur, c’est jouer dans la matière pour y infiltrer sa pensée.

« Le bronze est proche de l’âme humaine depuis des siècles. Il laisse beaucoup plus de liberté au sculpteur que le marbre. Face à une sculpture en bronze nous sommes comme devant un autre être. En exposant son existence, elle nous parle de la nôtre. »

Aujourd’hui Igor Ustinov aimerait que ses œuvres soient proposées au plus grand nombre. « Mes sculptures vibrent d’une énergie positive primaire. Je veux y insuffler de la joie et de la force. Les personnes qui vivront ou vivent avec doivent le ressentir. Je veux qu’elles donnent la pêche ! »

Totalement inspiré par la poésie des rythmes de l’humanité, il aime le bronze « nerveux comme la vie, résistant comme le temps qui passe et est indifférent comme la mort. Des qualités qui permettent la communion entre l’âme humaine et le monde physique. »

Pour l’artiste, un marchand d’art pourrait encore mieux affirmer la valeur de son œuvre et sa pérennité. « Cela fait près de quarante ans que je sculpte. J’ai des pièces exposées dans le monde entier, mais j’aimerais pouvoir me consacrer entièrement à la création sans plus me préoccuper de la vente. Je l’ai beaucoup fait, mais je n’aime plus autant les mondanités qui permettent de rencontrer les amateurs d’art.»

Igor Ustinov inscrit ses sculptures dans l’espace et le temps. Selon lui l’homme se définit plus par son mouvement et sa position que par son visage, son attitude face au monde. Ainsi ses personnages-silhouettes en bronze n’ont pas vraiment de tête, mais sont façonnés pour évoquer le chiffre 1 ou 2, homme ou femme en lien avec son amour des mathématiques permettant d’ordonner le monde.

Sans cesse en mouvement lui-même pour soutenir l’action de ses fondations humanitaires, Igor Ustinov compte bien pouvoir mettre en œuvre son concept architectural avec des matériaux de construction en pet recyclé, tout en poursuivant son travail artistique accompagné par un galeriste.



© Corinne Jaquiéry. Reproduction des textes autorisée uniquement avec l’accord de l’éditeur et avec la citation de la source. Les illustrations sont la propriété de leurs auteurs respectifs.


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