la couverture du Culture En Jeu N°55

Le numéro 55 vient de paraître !

Profession : journaliste

Au sommaire :

  • Édito - Et la profession Journaliste ? (Gérald Morin)
  • Le Capitalisme et l’Information (Vincent Arlettaz)
  • JLe Plumitif engagé (Chantal Tauxe)
  • Éloge de la chronique (Christophe Gallaz)
  • Du courage en journalisme (Christian Campiche)
  • Passeur d’infos ou journaliste ? (Marc-Henri Jobin)
  • Au vertige des rencontres (Pierre-Philippe Cadert)
  • Profession, journaliste TV (Romaine Jean,)
  • Cinéaste ou journaliste ? (Frédéric Gonseth)
  • …Au service des consommateurs (Zeynep Ersan-Berdoz)
  • Quels soutiens de la part des élus politiques à Fijou ? (Propos recueillis par Chantal Tauxe)
  • Le SSRxit pour 2018 ? (Frédéric Gonseth)
  • La Loterie Romande 2016
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Le SSRxit pour 2018 ? - jeu 31 août 2017

Une votation sans contre-projet à No Billag : une petite victoire




Sous réserve d’une confirmation qui devrait avoir lieu au Conseil National cet automne, il n’y aura pas de contre-projet à l’initiative No Billag qui veut non seulement privatiser les radios et télévisions suisses, mais également interdire toute subvention à leur égard. C’est un premier soulagement, car rien n’était plus à craindre qu’une offre intermédiaire pouvant apparaître comme un « compromis » visant, au lieu de la guillotine de No Billag, à brider la SSR face à ses concurrents allemands, français et italiens, c’est-à-dire à lui ménager une agonie plus lente.

Aucun parti d’envergure ne soutient officiellement No Billag : en fin de compte les nationalistes eux-mêmes se révèlent peu enthousiastes à provoquer un affaiblissement aussi manifeste de l’identité helvétique face aux chaînes étrangères qui sont déjà majoritaires sur notre marché télévisé. L’UDC emmenée par Nathalie Rickli a néanmoins perdu le combat en commission du National, après avoir dû encaisser un vote sans opposition au Conseil des états contre tout contre-projet en mars.

Trois atouts majeurs pour No Billag

Mais le SSRxit n’a rien d’un vote facile. Les jeunes radicaux-libéraux romands mènent un combat qui paraît solitaire (Nicolas Jutzet, Philippe Nantermod), mais ils savent qu’ils surfent sur une convergence de deux courants de fond qui portent les générations Y et Z, vers d’une part la gratuité de l’information et d’autre part une indifférence croissante à l’égard de la télévision. Ajoutez à cela le fait que la SSR n’a pas le droit de se défendre elle-même, sous peine d’être accusée d’enfreindre la concession, et vous aurez un cocktail politiquement explosif : une TV accusée de n’être vue que par quelques-uns mais payée par tous!

Un renversement complet !

C’est une force issue de la société civile qui est la plus à même, à l’aide des personnalités politiques les plus attachées à la survie des médias indépendants en Suisse, de faire barrage à une offensive qui veut faire croire aux générations les plus récentes que la Suisse pourrait voir ses propres programmes médiatiques sans qu’aucun citoyen n’ait à payer quoi que ce soit. « Medien für Alle-Médias pour Tous-Media per Tutti » coordonne dès cet été au festival de Locarno puis cet automne dans les principales villes suisses une campagne basée sur la défense du paysage médiatique suisse, en opérant un renversement spectaculaire : au lieu de privatiser la radio-télévision et de la faire éclater en une myriade de chaînes privées éphémères incapables de résister à la concurrence internationale, à l’inverse, renforçons les médias écrits menacés, en leur reconnaissant une dimension de service public, et en leur apportant un appui financier indirect.

Par Frédéric Gonseth, cinéaste, président de Médias Pour Tous


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