la couverture du Culture En Jeu N°54

Le numéro 54 vient de paraître !

jeux vidéo une culture à part entière

Au sommaire :

  • Édito - Les Jeux vidéo, une culture à part entière (Gérald Morin)
  • Aux origines des jeux vidéo (Rencontre avec Marc Atallah. Propos recueillis par Gérald Morin)
  • Jeux vidéo suisses : état des lieux (David Javet et Yannick Rochat)
  • Le récit cinématographique à l’ère vidéoludique (Alain Boillat)
  • Les premiers combats du dixième art (Marielle Stamm et Yves Bolognini )
  • Les jeux, moteur du progrès scientifique (Andres Perez-Uribe)
  • La masse et le Je (Christophe Gallaz)
  • La FIJOU (Frédéric Gonseth et Alain Maillard)
  • Service public et République (Jakob Tanner)
  • Évolution réjouissante de la révision de la loi sur le droit d’auteur
s’abonner

Le coup de cœur d’Alfio Di Guardo - sam 15 juillet 2017

THE LONG GOODBYE / LE PRIVÉ

 
«There’s a long goodbye, and it happens every day, when some passerby invites your eyes to come her way… Even as she smiles a quick hello, you’ve let her go. You’ve let the moment fly.»


 
Les deux premiers couplets de la chanson-titre du Privé, de Robert Altman, résument parfaitement l’atmosphère du film. Il baigne dans une profonde mélancolie relevée cependant par un humour omniprésent, élégant. La marque de Robert Altman : le décalage. Immense réalisateur, il a abordé tous les genres (y compris le fantastique avec sa fable futuriste, Quintet), en les imprégnant d’une trace indélébile qui le caractérise. C’est sans doute cette imperceptible distanciation humoristique qui fait qu’une œuvre de Robert Altman est toujours incrémentée d’une bonne dose de critique sociale. Mais revenons à ce Privé, qui sort en copie restaurée. Inoubliable ! Oui, proprement inoubliable pour celle ou celui qui a l’a déjà vu. Elle ou il reste habité par la voix nasillarde du crooner Jack Sheldon qui fait des pointes sur les très belles mélodies de John Williams. Et bien sûr, immédiatement après le son, viennent les images. Ou plutôt l’image : celle d’un Elliot Gould au sommet de son art qui incarne le détective de Raymond Chandler, immortalisé par Humphrey Bogart en 1946 dans le chef-d’œuvre de Howard Hawks, The Big Sleep. Et même si les deux comédiens ne se ressemblent guère, le personnage lui, est bien là : Philip Marlowe, célèbre détective privé au charme troublant. Près de 40 ans après Humphrey Bogart, Elliot Gould excelle, là où d’autres (et non des moindres, tel Robert Mitchum, par exemple) ont lamentablement échoué. On retrouve le Marlowe de Chandler qui, comme l’écrit Jacques Lourcelle, est un personnage «en perpétuel déséquilibre, ou plutôt rééquilibre, entre son idéalisme moral et son réalisme d’homme d’action», au sein d’une enquête pour le moins nébuleuse. D’ailleurs, peu importe l’intrigue, dans Le Privé d’Altman,comme déjà dans le film de Hawks, les répliques fusent et l’ironie est permanente. La narration se développe autour du personnage central sans trop que l’on sache où il va. Mais on le suit avec un bonheur grandissant. Formidable plaisir que l’on aurait tort de bouder !
 
Le Privé , de Robert Altman (The Long Goodbye, USA,1973, 112’).
Aux Cinémas du Grütli, dès le 12 juillet 2017.
Pour en savoir plus consulter le site: www.cinemas-du-grutli.ch


Nos partenaires