la couverture du Culture En Jeu N°60

Le numéro 60 vient de paraître !

Au sommaire :

  • Édito : Descendre dans l'arène (Chantal Tauxe)
  • Dossier : 12 pages sur les Artistes engagés
  • Théâtre, le retour des troupes
  • La guerre des plateformes
  • À Villars-sur-Glâne en attendant Noël
  • Pratique du droit d’auteur
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La musique aussi relève du service public - lun 28 février 2011

Falling Grace est la dernière création chorégraphique de la compagnie linga, fondée en 1992 par Katarzyna Gdaniec et Marco Cantalupo. La compagnie, internationalement reconnue et qui a fait du Théâtre del’Octogone de Pully sa résidence permanente, est familière aux Lausannois. Ils ont pu suivre des premières loges ses quelque 40 créations depuis 1993.

Explorant résolument des thématiques sociales telles que l’immigration (Go! en 2004), la violence conjugale (La kitchen, 2006) ou encore le culte de la vitesse (Speeed, 2007), les chorégraphes mettent en lumière leurs répercussions corporelles dans un style sobre, physique et sensuel, qui parfois se rapproche de la danse théâtre. Dans Falling Grace, c’est la relation dynamique entre équilibre et déséquilibre qui se joue. Traditionnellement présenté comme un bienfait et un objectif ultime, l’équilibre est ici associé à un désir de contrôle né de à la peur et vu comme un phénomène essentiellement transitoire. Le déséquilibre, au contraire, aussi déstabilisant qu’il soit, est précieux car source de création. Falling Grace joue donc sur le passage d’un état à l’autre dans une chorégraphie captivante qui nous renvoie à nos propres errements.

Bettina Tschumi


La musique aussi relève du service public - sam 5 février 2011

Berlin fourmille de collections, de monuments et de musées : soit. Mais en ce moment-même se dévoile au Neues Museum la nouvelle présentation permanente, dédiée à l’égyptologie, à la Préhistoire et à l’Antiquité ; le tout dans le bâtiment construit au milieu du XIXe siècle par Friedrich August Schüler, détruit partiellement par les bombardements de 1945 et rénové par David Chipperfield.
Non seulement la qualité des collections, révélées après une absence de 70 ans, est proprement bouleversante, mais encore l’intelligence de la rénovation et de la muséographie est-elle saisissante. Malgré le cadre néo-classique imposant, Chipperfield parvient à créer en alternance des salles dont les plafonds bas, les dimensions et l’éclairage diffus donnent le sentiment d’intimité et de découverte le plus favorable à l’étude des objets présentés. On passe ainsi de cette ambiance à des espaces monumentaux, décoré de fresques colorées restaurées mais non complétées : ce qui a disparu du fait de la guerre est montré comme tel et notre imagination fait le reste : nous nous trouvons dans un vestige rappelé à la vie.
Mention spéciale à cette dizaine de sculptures des années trente, qualifiées d’art « dégénéré » par le pouvoir nazi et confisquées à leurs auteurs sans laisser de traces, sur lesquels les bulldozers du chantier de reconstruction ont buté par le plus grand hasard en 2010. Elles retrouvent leur place près de 70 ans après la fin de la guerre, au centre de la cour intérieure.

Bettina Tschumi


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