la couverture du Culture En Jeu N°60

Le numéro 60 vient de paraître !

Au sommaire :

  • Édito : Descendre dans l'arène (Chantal Tauxe)
  • Dossier : 12 pages sur les Artistes engagés
  • Théâtre, le retour des troupes
  • La guerre des plateformes
  • À Villars-sur-Glâne en attendant Noël
  • Pratique du droit d’auteur
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La musique aussi relève du service public - mar 25 octobre 2016

Kenji Mizoguchi, Pour que vivent les femmes


La Vie d’Oharu femme galante, Les Contes de la Lune vague après la pluie, L’Intendant Sansho, L’Impératrice Yang Kwei-Fei, Les Amants crucifiés, La Rue de la honte… On l’aura compris, après Mikio Naruse et Akira Kurosawa, les Cinémas du Grütli proposent une belle rétrospective de l’œuvre d’un autre grand maître du cinéma japonais, Kenji Mizoguchi. Entre le 26 octobre et le 18 novembre, 17 films pour goûter à la splendeur et à la poésie du cinéma d’une véritable légende.


La Vie d’Oharu, femme galante

Kenji Mizoguchi, né le 16 mai 1898, est décédé prématurément le 24 août 1956. Passionné de peinture et de dessins, il obtient un diplôme de l’Institut de peinture d’Osaka à l’âge de 17 ans, il commence à travailler dans la publicité avant d’entrer en 1920, comme acteur, à la Nikkatsu, maison de production de films. En 1922, il devient metteur en scène. Le début d’une carrière prolifique puisqu’il réalise 94 films, dont les deux tiers sont perdus, avant de signer son dernier film, La Rue de la honte, en 1956. Juste avant disparaître emporté par une leucémie, au moment où il disait envisager un virage dans sa manière de raconter des histoires.

Raconter des histoires, justement. La narration, l’illustration, la mise en lumière. Longtemps, très longtemps, presque toujours, en noir et blanc, mais aussi en couleurs. Dans deux films, particulièrement, Mizoguchi fait preuve d’excellence dans la maîtrise des couleurs, Le Héros sacrilège et L’Impératrice Yang Kwei-Fei. Ebahi, on découvrait que pour l’Empereur du noir et blanc, les couleurs n’avaient aucun secret. Le sien est un art de la splendeur et de la poésie, certes, mais l’univers qu’il décrit, les scénarii auxquels il donne vie, sont l’exact contrepoint de la beauté et de la douceur. Mizoguchi est l’apôtre de la cause des femmes au Japon. Et cela à travers toutes les époques. Rarement un auteur ne s’est autant engagé pour décrire la vie tragique des femmes, les tourments qui leurs sont infligés par les hommes, chez lui toujours pleutres, faibles, ou brutaux et sans pitié. La femme est passionnée, honnête et digne. Même lorsqu’elle est prostituée, geisha, mendiante ou employée, la vraie noblesse est chez elle. Le triste destin des femmes est un thème central dans l’œuvre de Mizoguchi. Sublime exemple avec La Vie d’Oharu femme galante. Une véritable visite des enfers de Dante dans le Japon du XVIIe siècle, en compagnie de la belle Oharu, amoureuse d’un vassal, déchue, vendue, prostituée… Mais toujours digne ; désespérée, humiliée, piétinée, mais toujours debout.

Rétrospective Kenji Mizoguchi, du 26 octobre au 18 novembre 2016
Pour en savoir plus consulter le site: www.cinemas-du-grutli.ch


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