la couverture du Culture En Jeu N°60

Le numéro 60 vient de paraître !

Au sommaire :

  • Édito : Descendre dans l'arène (Chantal Tauxe)
  • Dossier : 12 pages sur les Artistes engagés
  • Théâtre, le retour des troupes
  • La guerre des plateformes
  • À Villars-sur-Glâne en attendant Noël
  • Pratique du droit d’auteur
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La musique aussi relève du service public - lun 28 novembre 2016

Un puissant souffle de fraîcheur tonique et revigorante nous arrive avec POESIA SIN FIN d’Alejandro Jodorowsky


Cannes, mai 2013, on découvre un nouveau film d’Alejandro Jodorowsky. Il n’avait pas tourné depuis 1990 (Le Voleur d’arc-en-ciel) et voilà que ce jeune homme de 84 ans enflamme la Croisette, via la Quinzaine des Réalisateurs, avec une autobiographie rêvée, hallucinée et hallucinante, La Danza de la realidad. Dans ce film, il raconte le Chili de son enfance ; il nous embarque dans le bateau ivre de sa vie de famille et de son imaginaire fantasmagorique. Dans la Danza de la realidad, tout est vrai mais tout est faux, imaginé, fantastique, fantaisiste. Les souvenirs de Jorodowsky n’ont pas seulement les couleurs de la poésie, ils en ont les exubérances, les excès, la saveur. Fidèle à la veine surréaliste du mouvement Panique, dont il fut l’un des fondateurs avec Roland Topor et Fernando Arrabal, Alejandro Jodorowsky signe une œuvre-somme, synchrétique et symbolique. Elle sonne comme un coup de tonnerre, accompagné d’un puissant souffle de fraîcheur tonique et revigorante. Certains parlaient d’un film-testament. Sans doute, mais s’ils croyaient en avoir fini avec Jodorowsky, ils avaient tort. Ô combien ! Car trois plus tard, on prend les mêmes et on recommence.



Cannes, mai 2016. A la Quinzaine des Réalisateurs, Alejandro Jodorowsky persiste et signe… Poesia sin fin. Le film débute là où s’achevait la Danza de la realidad. C’est que le bougre a des choses à raconter. Sa vie ne s’est pas arrêtée ce jour de 1953 où il décide de quitter le Chili pour la France. Au contraire, la chrysalide devient papillon qui s’envole très haut dans le ciel de la poésie. Très loin aussi, car ce ciel est sans fin. Le parcours est limpide et chaotique à la fois, Alejandro, au grand désespoir de ses parents (de son père surtout) ne vit que pour la poésie. Décors de carton-pâte, déguisements bricolés, discours enflammés, étreintes torrides… Récit picaresque s’il en est, l’autobiographie se poursuit, haute en couleurs, extravagante, excessive… Mais diablement maîtrisée. Alejandro Jodorowsky, l’esprit bouillonnant,  sait parfaitement où il va. Il assume et ne dévie pas d’un pouce d’une trajectoire toute en circonvolutions, détours, chausses-trappes. Capitaine au long cours qui surfe sur l’ourlet d’un tsunami, Jodorowsky dirige deux de ses cinq enfants dans Poesia sin fin. L’aîné, Brontis, interprète le père d’Alejandro, et le cadet, Adan, joue le jeune Alejandro en révolte. Du coup, on a le sentiment d’assister non pas à une seule biographie illustrée, mais vraiment à une vie en marche. Une vie debout. Une vie sans fin. Cela d’autant plus qu’Alejandro annonce un troisième volet. On se réjouit.

POESIA SIN FIN, d’Alejandro Jodorowsky (2016, 128’)
Dès le 30 novembre 2016 aux Cinémas du Grütli.
Pour en savoir plus consulter le site: www.cinemas-du-grutli.ch


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